Évaluation de l’ampleur du phénomène du cyberharcèlement dans le milieu de l’information

Dates du projet

2019

Type de projet

Organisme subventionnaire

Comité d'encadrement

Équipe de recherche

Buts du projet

Cette recherche a pour buts de :

  • Quantifier et documenter les types, la fréquence et les épisodes de cyberharcèlement vécus
  • Documenter les conséquences personnelles et professionnelles engendrées par les épisodes de cyberharcèlement
  • Documenter les actions prises par le travailleur de l’information et l’employeur lors d’épisodes de cyberharcèlement
  • Évaluer les mesures mises en place par les employeurs afin de prévenir les actes de cyberharcèlement et de soutenir les victimes

 

 

Contexte du projet

Par la nature publique des métiers de journalistes, de chroniqueurs et d’animateurs, tout porte à croire que la situation est tout autant préoccupante dans le milieu de l’information. Les données sur le sujet au Québec se font rares, mais une enquête effectuée par Reporters sans frontières (RSF) en 2018 dans 32 pays soulève que le harcèlement vécu sur les médias sociaux représente une réelle menace pour les journalistes. Cette même enquête soulève que l’accessibilité et l’utilisation toujours grandissante des médias sociaux expliquent, en partie, l’intensification du phénomène. Les plateformes comme Twitter ou Facebook facilitent la publication de messages offensants ou menaçants souvent diffusés de façon concertée et anonyme.

Recommandations

Pour les travailleuses et travailleurs l’information :

  • Sécuriser leurs informations personnelles ;
  • Documenter les actes de cyberharcèlement dès qu’un épisode survient afin de disposer de preuves adéquates ;
  • Dénoncer les actes de cyberharcèlement auprès de l’employeuse ou de l’employeur et du syndicat ;
  • Limiter les interventions directes auprès des personnes cyberharceleuses ;
  • Ne pas hésiter à aller chercher du soutien juridique, psychologique ou social pour faire face à la problématique ;
  • Échanger entre collègues et partager les bonnes pratiques.


Pour les entreprises médiatiques :

  • Sensibiliser leurs employé.es à l’ampleur et aux conséquences du cyberharcèlement dans le milieu de l’information ;
  • Prendre au sérieux les dénonciations et faire appel à la police ou à des avocates ou avocats au besoin ;
  • Implanter, communiquer et appliquer une politique et des protocoles clairs en matière de cyberharcèlement ;
  • Mettre à la disposition des employé-es des outils et des ressources de gestion des médias sociaux ;
  • Offrir des services psychologiques et juridiques au personnel victime de cyberharcèlement.


Pour les syndicats :

  • Militer pour l’implantation d’une politique et de protocoles clairs en matière de cyberharcèlement ;
  • S’entendre avec les employeuses et employeurs sur les droits et les obligations des travailleuses et travailleurs de l’information sur les médias sociaux ;
  • Sensibiliser leurs membres sur l’ampleur et les conséquences du cyberharcèlement dans le monde de l’information ;
  • Offrir des formations sur la sécurisation des informations personnelles et sur les procédures à privilégier lorsqu’une personne est victime de cyberharcèlement.

Pour les gouvernements :

  • Inclure explicitement le cyberharcèlement dans la Loi des normes du travail afin d’assurer une politique claire en milieu de travail ;
  • Offrir aux élèves du primaire et du secondaire des cours d’éducation aux médias ;
  • Sensibiliser les étudiantes et étudiants universitaires en communications sur le phénomène du cyberharcèlement ;
  • Sensibiliser la population au phénomène du cyberharcèlement ;
  •  Sensibiliser le corps policier à la gestion de ce type de harcèlement et mettre en place un protocole adapté et rigoureux de traitement des plaintes ;
  •  Imposer aux plateformes de médias sociaux la mise en place de mesures plus strictes entourant le cyberharcèlement ;
  •  Proposer aux plateformes de médias sociaux la mise en place de mécanismes de prévention à l’aide de l’intelligence artificielle ;
  •  Mettre en place une commission parlementaire sur la problématique en faisant appel à des expertes et experts de diverses disciplines et horizons professionnels

Rapport